Une caissière risque le licenciement pour avoir ramassé un ticket de caisse




Info CGT

Dans la petite ville de Mondelange, près de Metz, une caissière du magasin CORA risque d'être licenciée. Son tort: avoir ramassé un ticket de caisse d’une cliente qui n’en voulait pas, ayant au verso un coupon de réduction pour un fast food.

Au-delà de cette affaire, c’est le climat social au sein du magasin et de l’entreprise que dénonce la CGT.

Elle voulait l'utiliser pour faire plaisir à son fils, mal lui en a pris. cette représentante du personnel CGT a été peu après «convoquée à la gendarmerie d’Uckange où elle a dû expliquer son geste».

Récupérer un ticket paraît complètement anodin mais c'est assimilé par Cora à un vol car cela serait «sa propriété»,

Une thèse contredite par l'avocat Maitre Eolas, qui estime «qu'un ticket de caisse est la propriété du client dès l'instant où on lui tend. S'il l'abandonne c'est une res derelicta, chose sans maitre».

Si elle n'est ressortie du commissariat qu'avec un rappel à la loi, la caissière a été ensuite convoquée par Cora pour un entretien préalable au licenciement.

Casser la CGT locale

Face aux nombreuses et vives protestations des internautes, sur leur page Facebook les hypermarchés Cora ont annoncé «comprendre les réactions» et être «actuellement en contact avec la direction de l'hypermarché Cora de Mondelange afin de clarifier cette situation».

Ralph Blindauer, l'avocat de la caissière, estime que «c'est bien que ces gens-là se remuent enfin un peu», mais en réalité, selon lui, «ce n'est pas ma cliente qui est visée, mais André Matz, délégué syndical central CGT». «Le directeur de ce Cora est arrivé avec une feuille de route, raconte-t-il. Il a été envoyé pour casser Matz, qui est aussi membre du Conseil des Prud'hommes de Thionville». Mais l'homme étant trop coriace, il aurait été décidé de s'attaquer aux élus autour de lui, moins résistants, assure l'avocat.

L'acharnement n'est donc pas nouveau, pour Ralph Blindauer, «sa femme qui y travaillait aussi est en dépression, une autre salariée a démissionné».

Climat social tendu
« Derrière cette affaire, c’est le délégué syndical CGT du magasin, André Matz, que la direction cherche à casser » , affirme Me Blindauer, défenseur des deux employés. Interrogé, le représentant du personnel au comité central d’entreprise confirme le climat social très tendu qui règne au sein du magasin mais aussi du groupe Cora. « On a d’abord cherché à m’attaquer personnellement : depuis l’arrivée du nouveau directeur du magasin, j’ai reçu 34 lettres recommandées, explique-t-il. Aujourd’hui, la direction tente de faire le vide autour de moi en s’attaquant aux autres délégués CGT. » Un syndicat largement majoritaire au sein de l’établissement de Mondelange qui a remporté 85 % des voix lors des élections professionnelles en mars.

Plusieurs plaintes auraient été déposées par des employés au conseil des prud'hommes et au pénal contre la direction. Selon André Matz, l’inspection du travail aurait également constitué un dossier sur l’entreprise.

Au-delà de ces affaires successives, c’est l’emploi qui est menacé selon la CGT. « Entre février 2010, date de l’arrivée du nouveau directeur, et fin septembre 2011, l’effectif du magasin est passé de 346 à 304 » (quelques embauches ont cependant été effectuées à des postes-clés) alors que « d’août 2010 à septembre 2011, 862 intérimaires ont été employés au sein du magasin » , une situation exceptionnelle d’après André Matz qui a fourni ces chiffres.





Dans un communiqué, la députée PS de Mondelange Aurélie Filippetti avait appelé la direction à "mettre fin à cette mascarade honteuse au nom du respect de l'action syndicale".

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) avait aussi invité Cora à "mettre un terme final à cette procédure absurde", et fustigé l'attitude du parquet qui "en l'espèce aurait été bien inspiré de rappeler à la société Cora qu'il y a d'autres priorités pour la justice que de s'occuper de tickets de caisse destinés à la poubelle d'un supermarché"

PS :donc si d'aventure il se faisait que ce ticket de caisse reste la propriété de Cora une fois donné à la cliente... alors, Cora est donc responsable de tous ses tickets de caisse abandonnés dans la nature et de ce fait, devrait venir les ramasser sur simple appel d'un citoyen



Comment transformer l’hôpital en bien commun, géré par les soignants et les usagers, non par les financiers Les collectifs de soignants ...