Discours de Patrick ARNOULD Secrétaire général de l’union Locale CGT de Coulommiers, dans le bus pour la manifestation du 31 mars 2016, contre la loi travail à Paris


Le projet de loi Travail (El Khomri) sera sans aucun doute le dernier et le plus important acte réformateur d’inspiration néo-libérale de notre gouvernement prétendument socialiste. Il comporte une dimension aussi bien politique que symbolique dont la portée excède de loin toutes les réformes sociales précédentes.

Jusqu’à présent, le code du travail constituait le socle minimal de protection des travailleurs et l’accord d’entreprise ou de branche ne pouvait qu’en améliorer les dispositions. Désormais avec la loi El Khomri, la législation sociale contenue dans le code du travail constituera une norme maximale dont l’accord collectif pourra amoindrir la portée.

Pourtant chacun sait que l’accord signé entre les employeurs et les travailleurs ou leurs représentants est par essence déséquilibré, les premiers disposants d’un pouvoir de chantage aux licenciements ou à la délocalisation.

La loi El Khomri est une loi scélérate. Sont visés : la durée du travail et la destruction dans les faits des 35 heures, la remise en cause du repos compensateurs, la réduction de l’indemnisation des licenciements et l’encadrement du pouvoir des juges. Sans oublier les conditions du dialogue social en entreprise puisqu’il est prévu que les syndicats minoritaires pourront contourner le droit d’opposition des syndicats majoritaires par un référendum d’entreprise (Souvenons-nous de l’épisode SMART).

Ne nous y trompons pas : la loi El Khomri remet en cause l’héritage de 150 ans de luttes sociales, syndicales et politiques de notre pays et opère le saccage des principes sociaux républicains issus du programme du Conseil National de la Résistance.

Il suffit de regarder Outre-Rhin pour s’en convaincre : le prétendu modèle allemand et son chômage réduit, masquent mal les contrats à 1 € de l’heure et un taux de pauvreté qui atteint 16% de la population contre 13% en France. L’objectif de ce gouvernement est d’imiter ce modèle et se donner bonne conscience en diminuant les statistiques du chômage au prix d’une destruction des droits sociaux des travailleurs et d’un accroissement de la pauvreté, au nom de la sacro-sainte compétitivité des entreprises.

La loi El Khomri n’est toutefois qu’une étape. En effet, la suppression du CDI fusionné dans un contrat unique à durée déterminée renouvelable et la fin du statut des fonctionnaires est programmé. C’est précisément la proposition du prix Nobel de l’économie Jean Tirole dont les propositions sont reprises en boucle au sein du MEDEF et de la droite. C’est ce qu’ils appellent la “flexisécurité”. L’objectif de la flexisécurité, comme le prouve l’ANI, est d’accompagner la précarisation du travail par des milliards d’euros de fonds publics donnés sans contrepartie au MEDEF afin qu’il oriente unilatéralement la politique de formation du pays et qu’il mette la main sur la prévoyance d’entreprise au prix d’une destruction de la Sécurité sociale des Français.

Cela fait 4 ans que Hollande est au pouvoir et que ce gouvernement dit « de gauche » mène une politique anti-ouvrière. Quatre ans que le grand patronat est choyé, quand le chômage et la précarité explosent.

Après avoir reçu des cadeaux par milliards, le grand patronat en veut encore plus. Après avoir reçu 41 milliards entre le CICE et le Pacte de responsabilité, c’est au code du travail qu’il s’attaque en le dynamitant.

En renforçant la flexibilité, en facilitant les licenciements, en imposant des semaines de travail en fonction de leur carnet de commandes, en remettant en cause les 11heures de repos entre deux journées de travail, ils veulent nous ramener au XIXème siècle !

La flexibilité à outrance, cela veut dire encore plus de précarité, plus de difficultés pour payer son loyer, ses factures et les échéances de crédit.

Travailler jusqu’à 46 heures et même 60 heures par semaine, n’est certainement pas une idée nouvelle. S’épuiser au travail, y perdre sa santé, être licencié au moindre aléa, c’est ce que des générations de salariés ont subi avant nous, et ont combattu.

Ce projet de loi est une attaque en règle des droits des travailleurs, qui frappera tous les salariés, tous les jeunes qui vont entrer sur le marché du travail.

La loi El Khomri c’est le retour au XIXe siècle, celui où le travailleur sera réduit à sa force de travail dans le cadre d’un rapport de servitude total à l’employeur. Au prix du retour de la peur du lendemain comme seule perspective de vie, dans un pays qui n’a pourtant jamais été aussi riche qu’aujourd’hui.

Quand un peuple ne défend plus ses libertés et ses droits, il devient mûr pour l’esclavage !

La bonne nouvelle est que l’annonce de loi El Khomri suscite une vague d’indignation et de mobilisation sociale sans précédent depuis le CPE en 2007. Une pétition a déjà recueilli plus 1 million 320 000 signatures, des initiatives sur le web voient le jour et le gouvernement doit affronter une vague d’hostilité sans précédent au sein son propre camp et une opposition quasi unanime des syndicats. L’autre bonne nouvelle c’est que nous sommes là, aujourd’hui dans ce bus, ensemble unis et conscient que nous devons nous révolter.

Ce soir, une réunion intersyndicale nationale, avec les organisations de jeunesse et de salariés se déroulera pour décider des suites. Mardi 5 avril et samedi 9 avril sont déjà pointées comme journées d’action potentielles.

Le 1er avril, de 9H00 à 12H30, l’union départementale CGT organise 2 assemblées générales ouvertes à tous les militants, une pour le sud qui aura à Melun, l’autre dont le lieu reste à déterminé pour le nord.

Alors Oui tout est bon en cette période pour nous réunir, les mobilisations de la jeunesse avec la CGT, FO, FSU et SUD, sont nécessaires et grandissantes. Il faut que les travailleurs soient soit aussi mobilisés, car la coupe est pleine ! Cette loi travail n’est pas négociable !

Bonne manif à tous.

Pour l’union Locale CGT de Coulommiers

Patrick ARNOULD




La loi El Khomri c’est le retour au XIXe siècle
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